Le jds: A la recherche des Anniviardes, étude anthropologique

Christine le 10.02.08

Le jds, vendredi 14 septembre 2007
Anthroplogie: Est-ce que le parcoursArianna a changé quelque chose dans la vie des Anniviardes qui ont participé? Voici la question que se pose encore un ethnologue atypique qui déteste les idées toutes faites!

                  

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photo pAA

  
Isabelle Bagnoud


Thierry Amrein est anthropologue. Il a 52 ans, habite Ayent et son portable exibe l'emblème turc, souvenir et objet oh combien nécessaire - avec le linge de bain à l'écusson du Galatasaray - pour étudier incognito la population locale d'un petit village de la région d'Antalya!  Depuis, l'anthropologue est revenu au pays et s'intéresse aux femmes d'Anniviers qui participent au parcoursArianna. L'anthropologie du "genre" ou l'étude des relations sociales entre les hommes et les femmes, est devenue pratiquement une spécialité chez Thierry, ce qui est plutôt rare, ce terrain étant habituellement déserté par les chercheurs masculins!

Le désir d'apprendre
Mais que cherche.t-il au juste? Il s'intéresse aux incidences de l'engagement de ces femmmes sur leur vie et au sein de leur famille, ce programme de formation peut-il s'accomoder du modèle famillial classique ou vont-elles devoir réaménager l'organisation domestiques?... Alors depuis plus d'un an et demi, il fait ce qu'on apelle de "l'observation participante". Il assiste à la plupart des rencontres et réunions, s'est entretenu individuellement avec chaque femme pour noter leurs impressions, espoirs, déceptions au fil du parcours, il poursuivra son étude certainement bien après qu'Arianna se termine, à la fin de l'année... Pourquoi se sont-elles inscrites, quel est ce besoin de changement, s'est aussi demandé l'anthropologue. Il évoque le désir d'apprendre et le besoin de relations. L'autonomie financière semble peu importante, alors que l'un des objectifs du parcours était de promouvoir des projets d'entreprises innovateurs. Et pourtant, mère au foyer est une sacrée gestion d'entreprise, confie le chercheur. Mais il se garde bien de toute interprétation, il déteste les idées préconçues. S'il ne veut pas sous-estimer les valeur traditionnelles,il ne veut pas les surestimer non plus. " Je ne crois pas qu'il existe une femme anniviarde, d'ailleurs près de la moitié des participantes - elles étaient 40 au départ - ne sont pas originaires d'Anniviers!" Ces femmes ont tout de même un point commun, le fait d'être déjà des femmes plutôt actives, professionnellement, socialement ou culturellement.
Elles ont acquis des connaissances en informatique, se sont engagées ensuite dans différents projets comme la réalisation d'un livre de conte. Qu'ont-t-elles gagné, se demande l'anthropologue: " De l'estime de soi c'est certain, pouvoir s'exprimer aussi. Je ne suis en tout cas pas là pour asséner des vérités sur l'organisation de la famille ou le partage des tâches, j'écoute le ressenti des femmes et j'essaie de comprendre leur vision." Thierry propose quelques pistes. "Elles s'en sortent plutôt bien, elles sont très présentes dans le cercle de la famille mais ont des activités, une vie sociale dense. C'est tout de même à elles que revient la tâche, encore et toujours, de concilier gestion de la famille avec un travail ou une formation..." L'étude n'est pas terminée, de loin pas, pour les conclusions, il faudra patienter encore...


C'est quoi l'anthropolo'?

C'est l'étude de l'être humain dans sa dimension sociale, sa manière d'être et d'agir en groupe. Si, au début, se sont surtout des tribus traditionnelles qu'ont étudiées les anthropologues, ils sont revenus " au pays" et observent aujourd'hui les groupes sociaux, ainsi que leurs productions, tant matérielles que symboliques ( croyances, rituels, technologies...). Thierry Amrein aime rappeler la définition de Peter Burke: " L'anthropologie sert à rendre plus familier ce qui nous semble lointain et à rendre plus étrange, moins évident, ce qui nous paraît familier". Thierry Amrein a choisi l'anthropologie du " genre", les rapports entre les hommes et les femmes: les tâches et les fonctions, les comportements attendus, les lieux ou activités réservés ou interdits à chaque sexe, les qualités ou traits de caractères supposés de chaque sexe,... On rappellera aussi que le parcoursArianna est un projet qui vise à améliorer la position de la femme dans les régions de l'arc alpin suisse considérées comme périphériques, faciliter l'apprentissage des technologies de l'information et de la communication, soutenir la présence active de la femme ayant une famille dans le développement régional...


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